Prêche pour la légitimité

Homélie du 30 janvier A.D. 2016, à la Messe votive Pro Rege

en la prieurale Saint-Pierre-Saint-Paul de Souvigny
à l’occasion de la fondation du Cercle légitimiste du Bourbonnais

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Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Monsieur le Recteur,
Monsieur le Président,
Chers Amis,

La tâche du prédicateur, du haut de la chaire de vérité, consiste à proclamer, « à temps et à contre-temps », ce qu’enseigne, ce qu’a toujours enseigné et enseignera toujours la Sainte Église, à savoir les principes fondamentaux, veillant à ce que les fidèles laïques les déclinent de manière juste selon leurs diverses applications concrètes.

Aujourd’hui se fonde le Cercle légitimiste du Bourbonnais. Je laisse à son président le soin de vous le présenter, en lieu et heure ; mais voici ce que je peux déjà vous dire, au nom de notre Sainte Mère : ce que la science politique appelle légitimisme, l’Épouse du Christ l’appelle, dans sa nomenclature propre : la doctrine sociale de l’Église, ou encore « la Chrétienté », avec cet ajout : « selon l’esprit et le caractère propres à la France ». Certes, la Chrétienté (l’Évangile vécu socialement) revêt, selon les temps et les lieux, des formes diverses, mais toujours selon les mêmes principes de base. Après saint Thomas d’Aquin, ces principes, politiques et sociaux, ont été rappelés notamment et brillamment par les papes des XIXe et XXe siècles, de Pie VI à Jean XXIII principalement, nos plus récents pontifes ayant eu, depuis Humanae Vitae, à défendre plus particulièrement la morale, la famille et la vie.

Non, nous ne sommes pas des voyageurs apatrides, les hôtes de passage de l’hôtel « France » : nous sommes fils de France, et à cet attachement à la Couronne de France et à la terre de nos aïeux, de nos morts, auquel nous oblige le 4e Commandement par la vertu de piété, nous pouvons, nous devons ajouter également de l’admiration : en 1300 ans d’alliance entre Dieu et la France, entre « le Trône et l’Autel », selon la belle formule consacrée, Dieu a fait et inspiré de grandes choses ! Et que pourrait-il faire d’autre ?! Lui Qui passe toujours « en faisant le bien », le beau, le vrai, qui sont les trois qualités de la Civilisation chrétienne historique, incarnée dans des peuples et des pays particuliers.

Fille aînée de l’Église parce que son roi a été appelé, depuis Charlemagne (célébré avant-hier), Fils aîné et patrice de l’Église Romaine, puis consacré Fils aîné du Sacré-Cœur de Jésus (je vous renvoie à Ses apparitions à sainte Marguerite-Marie Alacoque), la France, comme ses sœurs les autres royaumes, a su déployer et éliciter les puissances, les potentialités dirait-on aujourd’hui, de la Chrétienté, de la doctrine sociale de l’Église une, sainte, catholique et apostolique.

Si notre Mère n’est réductible à aucun régime, Pie VI, apprenant la mort de Louis XVI, appela bien « la monarchie, le meilleur des régimes », puisqu’il est celui de l’Église elle-même, que Notre-Seigneur comparait au « Royaume des Cieux ». Chez nous, seule la royauté a réellement forgé notre pays, par trois dynasties qui sont en fait une même famille ; et je m’adresse aux généalogistes en herbe : pas une seule génération de cette triple dynastie qui n’ait donné au moins un Saint ! En outre, garants de l’ordre, les successeurs des Apôtres (le Testament de S. Remi le prouve) condamnent ceux qui renversent le pouvoir légitime : y a-t-il matière à épiloguer ? Et en 1816, il y a deux cents ans, en pleine Restauration, nos évêques multipliaient les mandements appelant à honorer la royauté légitime.

Saint Pie X, disciple du vénéré cardinal Pie et fin connaisseur de la France, a ainsi pu parler de l’existence d’un « génie français ». Sans doute, chaque contrée possède son génie propre ; s’adressant en 1910, il y a 106 ans, à nos évêques, l’illustre pontife, tout en condamnant le mouvement « démocrate-chrétien » du Sillon, donnait à toute l’Église, et particulièrement à la France, une sage et profonde leçon politique au sens propre du terme, c’est-à-dire celui de l’art de gouverner et régir la Cité.

Sa formule péremptoire la plus mémorable demeure celle-ci, qui rappelle à l’ordre tous les amoureux de nouveautés, et qu’il faudrait graver en lettres d’or en notre intelligence : « Il faut rappeler énergiquement dans ces temps d’anarchie sociale et intellectuelle, où chacun se pose en docteur et législateur : on ne bâtira pas la cité autrement que Dieu ne l’a bâtie ; on n’édifiera pas la société, si l’Église n’en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la Civilisation n’est plus à inventer ni la Cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est : c’est la Civilisation chrétienne, c’est la Cité catholique. Il ne s’agit que de l’instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte et de l’impiété : omnia instaurare in Christo », tout restaurer dans le Christ ! Ces paroles doivent être pour vous, chers amis, la règle de votre Cercle d’étude et d’action.

Cette Civilisation chrétienne, dédaigneusement surnommée « Église constantinienne » par ses détracteurs, est la forme heureusement voulue par Dieu sur notre continent de manière générale, et en notre patrie de manière particulière. Et Il l’a prouvé non seulement par Ses saints ducs, princes et rois (dont saint Louis reste le modèle), mais aussi en intervenant directement, et ô combien surnaturellement, avec sainte Jehanne d’Arc, quand bien même la question politique théorique pouvait ne pas paraître de première importance à des observateurs non avertis. Qu’un roi anglais catholique en effet se prétendît roi de France, en quoi cela pouvait-il importer au Bon Dieu ? Bonne question. Et en voici la bonne réponse : Dieu ne toléra pas qu’un prince étranger, même catholique, usurpât le trône réservé à Son Lieutenant sur terre, choisi par hérédité et primogéniture mâle dans la famille avec laquelle saint Remi noua, « en nom Dieu », une alliance immortelle. Les principes sont causes des actions, et de mauvais principes, ou une mauvaise application des principes, entraînent des conséquences épouvantables, comme l’enseignait déjà Aristote : pour notre sujet, cela entraîna l’affreuse Guerre de Cent ans. Et la grande preuve que Dieu tenait à ces principes, c’est que Charles VII n’était ni un grand homme ni un Saint (bien que surnommé le Victorieux, il négociera avec les Bourguignons, abandonnera la Pucelle et adoptera la Pragmatique Sanction) : mais Dieu le voulait lui, que désignaient les Lois fondamentales.

En notre époque « ballotée à tout vent de doctrine », il nous faut toujours davantage écouter, accueillir, méditer les leçons de notre Histoire, ainsi que les profonds et sages conseils de notre Mère la Sainte Église, qui défendit durant plus d’un millénaire une alliance qui fit non seulement le bonheur de la France, mais contribua au salut de ses enfants, nos ancêtres, comme en témoigne le texte-même du Vœu de Louis XIII consacrant sa personne, son royaume et ses sujets à Notre-Dame.

« Il faut aimer ce que Dieu aime », disait saint François de Sales, célébré hier. J’ajouterais : « Il faut aimer ce que l’Église aime » (à travers son histoire et celle de France). Face aux novateurs, Pie X s’écriait : « Nous ne pouvons, malgré Notre longanimité, Nous défendre d’un juste sentiment d’indignation. Eh quoi ! on inspire à votre jeunesse catholique la défiance envers l’Église, leur mère ; on leur apprend que depuis dix-neuf siècles, elle n’a pas encore réussi dans le monde à constituer la société sur ses vraies bases ; qu’elle n’a pas compris les notions sociales de l’autorité, de la liberté, de l’égalité, de la fraternité et de la dignité humaine ; que les grands évêques et les grands monarques, qui ont créé et si glorieusement gouverné la France, n’ont pas su donner à leur peuple ni la vraie justice, ni le vrai bonheur, parce qu’ils n’avaient pas l’idéal » de la démocratie ! « Le souffle de la Révolution a passé par là, et nous pouvons conclure que si les doctrines sociales du Sillon sont erronées, son esprit est dangereux et son éducation funeste ». Répétons encore les paroles du pape Sarto à la face de notre époque bien troublée, et dans laquelle, comme le rappelait le Souverain Pontife régnant, l’Église n’a pas pour rôle d’être une O.N.G. : « Nous n’avons pas à démontrer que l’avènement de la démocratie universelle n’importe pas à l’action de l’Église dans le monde ; Nous avons déjà rappelé que l’Église a toujours laissé aux nations le souci de se donner le gouvernement qu’elles estiment le plus avantageux pour leurs intérêts », chose qui ne s’est faite chez nous librement qu’à l’alliance baptismale de Reims entre Dieu et notre peuple gallo-romain recevant à sa tête les Francs convertis, puisque jamais la Révolution n’a demandé son avis à nos familles, imposant son régime par la force et dans le sang. Et quand nos aïeux portèrent à l’assemblée, il y a un siècle et demi, des élus royalistes, ceux-ci, trahissant leur mission, consolidèrent les bases de la république présidentielle.

Ne nous leurrons pas : rien n’est parfait ici-bas. Comme le dit le pape, Notre-Seigneur « n’a pas annoncé pour la société future le règne d’une félicité idéale, d’où la souffrance serait bannie ; mais, par Ses leçons et par Ses exemples, Il a tracé le chemin du bonheur possible sur terre et du bonheur parfait au Ciel : la voie royale de la Croix. Ce sont là des enseignements qu’on aurait tort d’appliquer seulement à la vie individuelle en vue du salut éternel ; ce sont des enseignements éminemment sociaux » : cela nous renvoie au sacrifice du Roi (comme celui, dans la littérature, du lion Aslan dans Narnia…).

Et à ce sujet, comment mieux vous manifester, s’il était besoin, le bien-fondé de cet ordre séculaire, qu’en laissant la parole au plus autorisé de nos contemporains pour cela, à savoir notre Roi lui-même, en ce 27e anniversaire de son avènement, dans la riche et profonde allocution qu’il a donnée dimanche dernier à la Chapelle expiatoire à Paris, à l’occasion de la Messe pour le Roi-Martyr ? Et ce d’autant plus que beaucoup parmi vous n’en ont peut-être pas eu vent, les prêches dominicaux ayant perdu l’habitude de publier les documents royaux…

« Chers Amis, disait-il, Nous voici réunis pour le 223ème anniversaire de l’assassinat du Roi Louis XVI au lendemain d’un procès dont le verdict était décidé d’avance. La France traversait alors des jours dramatiques et cette mort du monarque allait, malheureusement, être la première d’une longue liste.

[…] Se réunir plus de deux siècles après les événements n’est pas anodin. […] Cette Messe […] est loin d’être unique. Ce sont, en fait, des dizaines de Messes qui sont célébrées autour du 21 janvier. Cela dans toute la France et même à l’étranger […]. Ces cérémonies sont importantes et leur sens dépasse de beaucoup ce que peuvent être des commémorations. Seule la mort du Roi amène, chaque année, cet événement à se renouveler. Les générations passent et cela continue. C’est au sens propre un événement national et il n’est pas étonnant que, chaque année, alors que les médias ne sont pas très ouverts à la monarchie, il fasse l’objet de séquences à la télévision comme à la radio et d’articles dans la presse papier ou numérique.

Cela donne une autre dimension à cet acte. Nous ne commémorons pas seulement un événement tragique. La mort du Roi est d’une autre nature. Elle atteint, au plus profond, chacun d’entre nous, chacun d’entre vous. Non seulement parce que […] la justice a été sacrifiée aux passions humaines et partisanes, mais aussi parce qu’elle est contraire aux fondements-mêmes de l’âme française. Elle est destructrice. Elle a créé un vide dans nos vies, dans nos cœurs et dans nos familles comme dans la société. Ayant perdu son chef naturel, légitime, la société est déboussolée.

Or une société, un État, a besoin de savoir, comme un individu, d’où il vient et où il va. Sa quête est philosophique et spirituelle. La société ne peut pas se contenter d’errance, de vérité d’un jour, qui ne l’est plus le lendemain. Au contraire, elle a besoin de certitudes. Les jeunes [gens] encore plus. Les voir présents lors des cérémonies à la mémoire de Louis XVI confirme le besoin d’absolu et de vérité. Les jeunes [gens] n’aiment pas les idées fausses. S’ils sont prêts à se donner, ce n’est pas pour des chimères. C’est pour du vrai, du juste et du beau. C’est parce qu’ils ont la foi et que dans cette foi, ils puisent leur espérance.

Il faut donc voir l’assassinat du Roi qui nous réunit non pas seulement comme un tragique souvenir que nous serions quelques-uns à partager, mais comme un appel à mieux réfléchir à ce que nous souhaitons pour l’avenir. Le Roi n’est pas mort pour rien. Son sacrifice, accepté et offert, a été celui de nombreux Français ; son sacrifice, officialisé par un procès, acte dont on attend qu’il fasse ressortir la vérité, a marqué l’entrée de la France dans une spirale de déchristianisation et d’avènement du matérialisme et de l’individualisme dont nous voyons, actuellement, combien elle est dangereuse.

Le fait d’avoir exécuté le monarque a coupé ce lien filial si particulier, si fondamental, qui unissait le Roi et son peuple ; qui unissait le peuple à son histoire. C’est ce lien qu’évoquent ces commémorations annuelles. Ce désir de retrouver la filiation perdue ». Et là, je vois la France dans la condition de l’enfant prodigue, au beau milieu de la fange des pourceaux, s’écriant : « Je me lèverai, et j’irai vers mon père, et je lui dirai : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi ; je ne suis plus digne désormais d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes mercenaires. Et se levant », elle ira vers son roi ; et celui-ci dit déjà « à ses serviteurs : Vite, apportez la plus belle robe, et revêtez-l’en ; et mettez un anneau à sa main, et des chaussures à ses pieds ; mangeons et faisons bonne chère ; car mon [peuple] que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé » (Lc XV, 18-24).

Mais reprenons l’allocution du prince Louis : « Tous les grands pays […] vivent par et pour ce rapport au temps de leur histoire. La France en s’en privant, continue à se mutiler et à se perdre. Depuis près de deux siècles, les crises succèdent aux crises, dont certaines sanglantes, les républiques aux républiques. Cela ne change rien au vide dont un ministre, et pas des moindres [celui de l’économie], s’appuyant sur sa formation de philosophe, a reconnu l’existence il y a quelques mois !

Ainsi commémorer cet assassinat plus de 200 ans après qu’il a été commis, c’est affirmer que l’idée de la Royauté est toujours nécessaire et vivante. En France, le Roi ne meurt jamais selon l’adage. Il se perpétue » : voilà pourquoi en France, il ne peut y avoir de vacance du pouvoir, ni de nostalgie, puisque le principe comme le prince sont toujours d’actualité. « C’est aux Français de lui redonner vie, de retrouver leur racines », alors au travail, mes Frères !

« Mais ceci ne peut être simplement formel. La Royauté ce n’est pas une république couronnée. Elle est avant tout un ensemble de valeurs vécues et partagées, puisque ce sont d’elles que vient l’unité entre toutes les composantes du pays. Par le passé, ces valeurs étaient directement issues du baptême chrétien de Clovis. Actuellement elles sont à retrouver, à reconstruire et surtout pas à travestir par des slogans. La France, en renouant avec ce qui l’a animée tout au long de son histoire, pourra alors surmonter difficultés et épreuves et reprendre le cours de sa destinée.

Derrière le rejet de cet assassinat de Louis XVI se profile le besoin de redonner primauté à la vie, de la naissance à la mort », quand la semaine passée a vu se renforcer l’avortement d’État et la légalisation du meurtre ou suicide assisté ; « la nécessité de redonner à la famille tous ses droits, notamment dans l’éducation des enfants. Pensons à Louis XVI faisant faire, en prison, des pages d’écriture à son fils et lui enseignant la géographie. Quel exemple !

Derrière le rejet de la mort du Roi apparaît aussi le désir de retrouver la nécessaire souveraineté garante de toutes les libertés.

Tout cela ne peut rester de vains mots. Ces réalités doivent vivre. Il appartient à nous tous de le faire dans nos métiers, nos professions, dans nos familles et nos activités. Beaucoup de jeunes [gens] l’ont compris [comme les fondateurs de ce Cercle, en Bourbonnais]. Leur voix sans doute ne s’entend pas encore suffisamment, mais comme ils sont l’avenir, les veilleurs qu’ils sont actuellement, deviendront rapidement les acteurs de demain.

Tels sont les vœux que je forme, en ce début d’année, pour vous tous ici présents et pour tous les Français. Pour la France. […] Puisse saint Louis continuer à veiller sur la France et saint Martin dont on commémore cette année le 1700ème anniversaire, continuer à l’inspirer ».

Ainsi s’exprimait dimanche dernier le duc d’Anjou, qui trônait parmi nous ici-même il y a quatre mois et demi. La Messe d’aujourd’hui n’est pas une Messe du 21-janvier, même si elle fait mémoire d’un autre Roi, son propre père, mystérieusement décapité en plein bicentenaire de la Révolution, il y a aujourd’hui 27 ans…

Nous entendons beaucoup, ces temps-ci, appeler à prier pour la France, et il le faut. Mais avec le Verbe incarné, ne demeurons pas dans les généralités, dans l’abstrait. Notre alliance avec Lui s’incarne en un homme, que les Lois fondamentales, véritable Constitution du Royaume, désignent clairement en la personne du prince Louis. C’est pour sa personne que nous prions aujourd’hui, pour sa mission, pour sa sanctification et sa correspondance à la grâce : qu’il soit l’homme selon le Cœur de Dieu dans cette dignité unique de Fils aîné du Sacré-Cœur et de Lieutenant du Christ en terre.

Le comte de Chambord avait admirablement affirmé : « Il faut, pour que la France soit sauvée, que Dieu y rentre en maître pour que j’y puisse régner en roi ». Cette restauration d’institutions, de justice et de législation vraiment chrétiennes, fondées sur la loi évangélique (ou comme le disait saint Pie X : « instaurer et restaurer sans cesse la Cité catholique sur ses fondements naturels et divins »), commence, mes Frères, par votre propre vie spirituelle personnelle ; elle se poursuit dans vos foyers, dans la bonne et droite éducation de vos enfants, dans l’amour et le soutien mutuel des parents ; elle se manifeste autour de vous, dans votre métier, dans vos relations, dans vos réalisations ; comme nous le disait le Prince : « Tout cela – ce que vous verrez et étudierez dans ce Cercle – ne peut rester de vains mots. Ces réalités doivent vivre. Il appartient à nous tous de le faire dans nos métiers, nos professions, dans nos familles et nos activités ».

« Demandez, et vous recevrez », nous dit N.-S. J.-C. Demandons-Lui des choses précises, et de grandes choses, « hommes de peu de foi » ! « Aide-toi, le Ciel t’aidera » lançait notre héoïn nationale, ainsi que ceci : « Les gens d’armes combattront, et Dieu donnera la victoire ». A l’instar de sainte Bathilde, passée de l’esclavage au premier trône d’Occident, tout peut arriver à ceux qui ont une foi à déplacer les montagnes, car « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ».

Offrez donc résolument vos prières, vos bonnes actions, vos sacrifices ; offrez vos communions, vos chapelets, et surtout : priez en famille et faites prier les enfants, qui sont tout-puissants sur le Cœur de Dieu et de Sa Sainte Mère. Enfin, utilisez pleinement la prière officielle de l’Église, de l’Épouse à l’Époux : la sainte Liturgie ; faites dire des Messes pro Rege et Francia : il en est grand temps. « Mais priez, mes enfants », avertissait Notre-Dame à Pontmain ; nous lui répondions avec le psaume XIXe au début de cette Messe : « Seigneur sauvez le Roi, et exaucez-nous au jour où nous Vous invoquerons ». Et la Reine de France, notre vraie première Dame, de nous promettre : « Dieu vous exaucera en peu de temps : mon Fils Se laisse toucher ».

Le Cercle s’appliquera à former votre intelligence à la connaissance de la vérité et des bons principes ; mais avant de les appliquer en nous et autour de nous, comme nous venons de le voir, il y a l’étape intermédiaire, fondamentale, qui est l’ordonnancement de votre volonté au vrai bien. Puissiez-vous, au feu ardent de la grâce divine, vous enflammer et brûler d’amour non seulement pour la France, mais pour la personne du Roi, à l’unisson de nos ancêtres qui, sans avoir forcément étudié les Lois fondamentales en détail, les connaissaient comme par instinct : à chaque fois qu’elles s’appliquaient concrètement, par la naissance d’un Dauphin, il n’y avait pas une église en France dont les voûtes ne résonnassent de l’écho du Te Deum, et pas un village en France qui ne manifestât son allégresse.

Puissions-nous, mes Frères, redécouvrir ce devoir de piété filiale envers le représentant de Dieu auprès de la France, et de la France auprès de Dieu ; cette garantie du droit et de la justice, qu’est le père des familles de France ; cet exemple du service de la nation, qu’est cet homme saisi par la naissance et qui ne s’appartient pas ; ce pilier de la défense de la liberté de l’Église ; cette image de l’union conjugale de notre peuple avec Dieu ; cette joie oubliée, qui se transmettait jadis de génération en génération dans nos familles, et qui se perpétue pourtant encore chez la plupart de nos voisins : celle d’avoir un roi et une reine à aimer, un couple sacré en lequel tout un peuple puisse le mieux possible discerner les traits de Notre-Seigneur le Christ-Roi et de Notre-Dame, Reine, dans l’exercice du gouvernement du Royaume des lys, figure et voie, pour nous Français, de la Patrie céleste, de même que le Souverain Pontife manifeste quant à lui le Christ Souverain-Prêtre.

Puissiez-vous, par le bon travail opéré dans ce Cercle, vous écrier un jour avec le roi David, en entrant au Paradis recevoir votre récompense (Dieu Lui-même) : « Vous m’avez fait connaître les voies de la vie ; Vous me comblerez de joie par Votre visage : il y a des délices sans fin à Votre droite » (Ps XV, 11), ô mon Dieu et mon Roi. Et qu’en cette cité de Souvigny, berceau de la dynastie heureusement régnante, notre âme catholique et française s’écrie dès maintenant avec le même Psalmiste : « Grand Dieu, sauvez le Roi ! » (Ps XIX). Ainsi soit-il.

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Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

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